Moi V.S. moi-même : quand mes hormones me font devenir l’autre moi

A toutes les femmes qui subissent les changements d’humeurs liés à leur cycle menstruel…

Que ce soit un syndrome prémenstruel ou une déprime ovulatoire : vous n’êtes pas folle. Ca existe. Vous n’êtes pas seule à les (sur)vivre. C’est réel, il y a d’autres femmes comme vous. Moi, par exemple…. Je subis les 2 phénomènes. 

Quelques explications pour celles qui n’ont pas ce(s) fardeau(x). 

1er fardeau : le syndrome prémenstruel

Assez connu, arrivant la semaine précédent le 1er jour du prochain cycle, c’est à dire une semaine avant les règles. Symptômes : variable selon les femmes; pour moi il s’agit d’un colère destructrice, d’une envie d’aller au conflit, à la joute verbale, d’en revenir toujours aux échanges désagréables. L’envie de crier sur tout ce qui bouge, pas une once de patience, pas d’empathie pour personne. Je ne me déteste pas mais je hais le monde entier. Je ne supporte rien, ni personne.

2e effet : la déprime ovulatoire

Moins répandu, elle arrive au milieu du cycle menstruel, durant l’ovulation. C’est contradictoire mais cette déprime arrive durant la période de fertilité…. là où on devrait être heureuse et enjouée et avec un self-estime débordant pour attirer le masculin et pouvoir assouvir notre envie de bébé. Cette déprime s’accompagne – pour moi en tous cas- d’un mal être général, une grosse claque dans la figure, rien qui va, tout qui pète. Je ne m’aime pas, je me trouve nulle, tout ce que je fais est nul, je ne suis capable de rien. Je me plains tout le temps, je ressasse les mauvaises choses. Je ne suis pas du tout patiente avec mes enfants, je leur crie dessus pour un rien car je ne me supporte pas donc je me protège derrière mon égo qui me dicte d’être la mère toute puissante, la mère colère, celle qui tire les rênes. J’essaye d’avoir une chose que je contrôle encore, et le pouvoir sur mes enfants en est malheureusement une. Je me trouve horriblement détestable. Je ne m’aime pas du tout, comme pourrait-on m’aimer ? Que ce soit l’amour de mes enfants, celui de mon mari, je ne m’aime pas je ne comprends pas leur amour et je pense ne pas le mériter. Attention, je dis bien « je pense » car cette phase est – et c’est le plus important peut-être à comprendre – TEMPORAIRE. C’est une déprime passagère, qui vient…. et qui s’en va. 

Aujourd’hui, j’y suis. En plein dedans. L’oeil du cyclone.

Comme un tsunami qui m’envahit je ne peux pas surmonter ma peine, cette tristesse qui remplit tout mon être. Je ne me reconnais plus. Je ne suis plus moi-même. Je ne veux pas faire ca, dire ca, agir comme cela, mais je le fais quand même. Je ne veux pas crier, sortir de mes gonds, être en colère pour tout et tout le temps, mais je le fais. C’est plus fort que moi. Mes enfants en sont les premiers victimes, mais ils en sont souvent la cause aussi, bien sûr, si j’étais seule je ne m’énerverai pas du tout, du moins je le crois, mais quand les petits êtres humains fatigués par leur journée d’école n’en font qu’à leur tête, je craque. Je n’ai pas la force mentale de gérer ce genre de conflits avec le sourire, en faisant des blagues ou en essayant d’accueillir leurs émotions pour les aider à les surmonter. Pas ces jours. Pas lorsque je suis emplie par cette vague de tristesse et de désamour. Je me déteste quand je leur crie dessus, je leur fais peur, je leur hurle dessus, j’en pleure en écrivant ces mots comment puis-je autant crier sur mes amours ? Comment puis-je leur parler ainsi alors que je les aime plus que tout au monde ?

C’est insurmontable. J’ai l’impression que je ne vais pas m’en sortir, et pourtant je vais m’en sortir, comme chaque mois, chaque cycle, c’est toujours la même ritournelle qui recommence. C’est insupportable, je ne veux plus avoir à subir cela. Il faut que je m’en sorte. Je suis la seule à pouvoir m’en sortir. Je ne peux compter que sur moi-même, je dois m’en sortir. Ce n’est pas bon pour moi, ni pour mes enfants de rester comme cela. Ni pour mon mari. Je ne suis pas normale durant quelques jours dans le cycle, je le sais. Ce n’est pas moi. Je ne dois pas penser que je suis comme cela, ce n’est pas moi. Cette tristesse qui se transforme en mal-être général, qui me fait dire ou agir de la sorte, ce n’est pas moi. Je ne me reconnais plus. Où est passée la femme enjouée, encourageante , aimante, à l’écoute des autres ? Où suis-je passée ? Comment peut-on autant changer en un laps de temps si court ? Du jour au lendemain je ne suis plus moi. C’est invivable. Il faut que cela cesse. Je veux redevenir moi. Je n’en peux plus. 

A toutes celles qui vivent cela. Courage. 

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